Dodécaèdre Perlés de l'époque Gallo-Romaine

Nevers, 1907, J. de Saint-Venant

Dodécaèdre en bronze, 1906, Saint-Parize-le-Châtel (Nièvre)

Cet objet creux, aux parois minces, a la forme d’un dodécaèdre régulier d’un travail délicat. Chacun des 20 angles trièdres ou sommets, est couronné par un petit bouton plein, fondu avec l’ensemble : ces bouton ne sont pas tout à fait sphériques, mais légèrement pédiculés à la base et aplati au sommet, où ils mesurent un peu moins de 10 mm de diamètre.

Les 30 arrêtes du solide, - ou côtés des pentagones des faces, - mesurent 27 à 28 mm en moyenne ; l’épaisseur du métal, là où elle peut être mesurée, c’est à dire près des orifices, varie de 1 à 3 mm.

La hauteur vrai – sans tenir compte des globules métalliques – autrement dit la longueur de la normale à deux faces opposés parallèles, oscille entre 59 et 62 mm; la hauteur apparente, petites boules comprises, est d’environ 76 mm.

Les 12 faces sont toutes forées, en leur centre, d’ouverture circulaire, toutes différentes de grandeur, et comme découpées dans la tôle de bronze, sans aucune trace de bourrelets à leurs bords.

Les 4 plus grandes, qui occupent deux faces contiguës et leurs symétriques sont entourées simplement d’un orle formé par 10 petit ronds profondément gravés, mesurant 5 mm de diamètre sut 1 mm d’épaisseur de trait, et centrés d’un menu cercle creux de 1 mm également.

Ces petit annules qui, du reste, existent uniformément en bordure de toutes les faces, sont disposées suivant un grande cercle de 31 mm de diamètre extérieur ; cinq d’entre ceux occupent le vide des angles vis-à-vis les boules, les cinq autres sont disposées entre les premiers, tout contre le milieu de chaque arrête.

 

41 (76) dodécaèdres décrits (1907) :

Ø              9 : période romaine

Ø              3 : 4e siècle

Ø              Suisse : 6 (8)

Ø              l’Allemagne : 6 (18)

Ø              Les Pays Bas : 2 (3) (l’un deux trouvé dans un terp de la Frise)

Ø              Angleterre : 4 (11)

Ø              l’Autriche : 1 (1)

Ø              Hongrie : 1

Ø              France : 21 (30)

Ø              Belgique : 0 (3)

Ø              Yougoslavie : 0 (1)

 

(..) R. Nouwen (1993)

 

A notre connaissance, il n’a été signalé jusqu’ici aucun de ces curieux objets dans la reste de l’empire romain, notamment en Egypte, Grèce, Italie, Espagne.

Origine germanique, et des dates assez peu antérieur à celles des grand invasions ?

Travail de fonte délicat et très soigné, qui ne pouvait se pratiquer qu’ à cire perdue.

 

Tout dodécaèdres :

, avec a = arrête, h = hauteur vraie.

 

Il y a (donc) toujours le même nombre de petits ronds identiques et disposés de mêmes sur toutes les faces d’un même objet (sauf dans un seul cas).

 

Destinations des dodécaèdres

1.      Pommeaux de sceptres ou têtes de bâtons de commandement

2.      Têtes de masses d’armes

3.      Garnitures de goupillons

4.      Chandeliers à calibres multiples

5.      Calibre à mesurer

6.      Calibre à flans monétaires

7.      Instrument de jeu

8.      Boîte à dés ou à billes de jeu

9.      Espèce de biloqué

Résumé

 

En pratiquant de très important élagages dans toutes les trop longues descriptions et discussions de ce mémoire, quelque faits nouveaux semblent s’en dégager :

1.      Inventaire

C’est la première fois qu’il a pu être groupé et comparé un aussi grand nombre de dodécaèdre métalliques emboulés et ajourés.

2.      Aire d’occupation

Dans l’état actuel des découvertes, la région où ils paraissent avoir été cartonnés comprend le Centre, l’Est et le Nord-Est de l’ancienne Gaule, et un peu le Sud de la Grande-Bretagne.

3.      Epoque

Tous les objets qui ont pu être datés approximativement par les milieux des découvertes, remontent a l’époque impériale romaine ; on en a trouvé notamment un certain nombre dans les camps antiques avoisinant la Germanie. La découverte de Saint-Parize-le-Châtel (Nièvre), permet de préciser mieux encore et d’affirmer qu’il étaient en usage au 4e siècle de notre ère et même dans sa seconde moitié.

4.      Caractères généraux identique ; détails accessoires différents

Ces instruments ont tous plus qu’un air de famille frappant; l’uniformité de l’exécution et le genre de travail identique partout, semblent les faire remonter à un même époque, au moins à une même école. Néanmoins, ils différent tous entre eux par quelques particularités plus ou moins importantes : poids, dimensions principales et grandeur de certain détails accessoires, tel que boutons des angles, ouvertures, ornements de faces, …

5.      Ornements

A de très rare exceptions près, les faces sont en effet décorées d’ornement circulaire gravés, peu variés, qui rentrent dans deux seuls types fort simples et ne peuvent être d’aucun secours pour distinguer nettement entre eux les pentagones d’un même objet.

On y voit très généralement deux ouvertures symétriquement placées et tranchant sur les autres par leurs grandes dimensions ; elle seules sont dépourvues des circonférences incisées qu’on voit les plus ordinairement sur les autres.

6.      Destination

Il semble qu’aucune des hypothèses émises jusqu’ici sur l’usage auquel ces objets étaient destinés, n’apporte de solution satisfaisante ; celle qui en fait un accessoire de jeu d’adresse de hasard semble la moins invraisemblable.